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Ana Mendes, The People's Collection, 2014-maintenant, installation (tables, cartes postales de collection), dimensions variables, vue de l'exposition au MAC, Belfast, 2016. Image gracieuseté de Simon Mills. / Ana Mendes, The People's Collection, 2014-ongoing, installation (tables, collection postcards), variable dimensions, exhibition view MAC, Belfast, 2016. Image courtesy of Simon Mills.

The People's Collection 
Ana Mendes

Exposition du 11 septembre au 13 décembre 2025
Vernissage le jeudi 11 septembre dès 17
h 30
Présentation d'artiste le samedi 13 septembre

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The People's Collection 
de Ana Mendes, commissaire Emmanuelle Choquette 

Depuis 2014, l’artiste Ana Mendes développe un projet indépendant intitulé The People’s Collection, dans lequel elle explore les questions de mémoire et d’identité en examinant les pratiques des grands musées ethnographiques comme le British Museum, le MET, le Dahlem Museum, le Bunjilaka/Melbourne Museum et, ici même au Québec, le Musée de la civilisation. En plus de remettre en question les normes muséales, l’artiste étudie plus largement les approches postcoloniales de la définition de l’identité historique, sociale et culturelle d’un peuple, notamment à travers le prisme de l’attachement aux objets. Comment et pourquoi ressentons-nous une connexion avec un artefact lors d’une visite au musée ? Comment pouvons-nous interagir avec lui au-delà d’une contemplation passive ? Quel pouvoir d’action le public possède-t-il dans la conservation de ces objets ?

Ana Mendes explore ces questions à travers un processus collaboratif, invitant les participants à interagir avec les collections ethnographiques des grands musées. Ces visites se concluent par la sélection d’un objet à « restituer » à son contexte d’origine. Mendes utilise cette sélection comme point de départ pour une série de plus de 400 cartes postales à ce jour, ainsi qu’un livre d’artiste. Ce vaste projet de recherche est l’occasion de réfléchir à ce qui motive les choix des contributeurs : connaissances préalables sur l’objet, valeur rituelle, symbolique ou ancestrale, lien avec la nature ou la culture, importance pour diverses communautés, etc. Cet exercice devient un processus miroir de (re)construction identitaire personnelle et collective.

Dans The People’s Collection, l’imprimé est utilisé comme outil démocratique de sensibilisation et de plaidoyer social. Le médium de la carte postale, traditionnellement associé à la diffusion d’images idéalisées, est ici détourné pour questionner les objets et les faire circuler en dehors des institutions. De plus, lorsqu’elles sont envoyées aux musées concernés, ces cartes servent de support à une demande de restitution des artefacts représentés à leur culture d’origine. Le livre d’artiste constitue également une manière de détourner les imprimés institutionnels en proposant une lecture alternative des collections, qui contredit celle véhiculée par les catalogues muséaux traditionnels : l’inventaire devient alors une collection d’histoires et de témoignages soulignant les liens émotionnels et subjectifs entre les objets et les participants au projet.

Avec le court-métrage Virus, l’artiste évoque la mentalité coloniale qui a servi de fondement aux musées occidentaux traditionnels. Les images filmées dans les réserves muséales montrent l’accumulation d’objets qui, après avoir été arrachés à leur environnement et soumis à des processus de désinfection intenses et non documentés, ont paradoxalement développé des conditions empêchant toute nouvelle manipulation. Ces virus pourraient-ils être une forme de résistance ?

Conçu comme un espace d’engagement et de dialogue, ce projet permet au public comme à l’artiste de dépasser les critiques polarisantes, en imaginant collectivement de nouvelles pratiques de collecte, conservation, restitution, exposition et médiation des objets identitaires et culturels.


Ana Mendes  est une artiste visuelle et écrivaine, vivant entre Stockholm et Londres. Elle a étudié la performance au Goldsmiths College, University of London (2011), la vidéo à l’Institut royal des arts de Stockholm, Suède (2018), le film d’animation à La Poudrière – École du Film d’Animation à Valence, France (2008), et les sciences de la communication au Portugal (1997).

Ayant commencé sa carrière en tant qu’écrivaine, elle s’est progressivement tournée vers les arts visuels. En 2010, elle commence à travailler dans la performance un peu par hasard, après avoir écrit Self-portrait, une pièce basée sur sa propre identité. Depuis, elle a développé des œuvres qui combinent vidéo, photographie, installation, performance, texte et son pour aborder des thèmes tels que la langue, l’identité et la mémoire.

Certains de ses projets sont réalisés de manière collaborative, impliquant d'autres artistes, des travailleurs ou des migrants.Elle consacre généralement beaucoup de temps à la recherche et à l’expérimentation en solitaire, jusqu’à ce qu’elle parvienne à un concept qu’elle juge durable. Ensuite, elle invite d’autres personnes à collaborer avec elle. Ensemble, ils s’engagent dans un processus d’expérimentation mutuelle, d’essais et d’erreurs. Par exemple, dans l’un de ses projets récents, The People’s Collection, elle a invité des personnes à visiter des musées ethnographiques à travers le monde et à choisir un objet qu’elles aimeraient voir retourner dans son pays d’origine. Elle a ensuite visité elle-même chaque musée et développé une collection de cartes postales nommées d’après chaque participant.Son travail est conçu avec le moins de ressources possible, reposant entièrement sur la force du concept ou de l’idée.

Elle considère l’art comme un processus plutôt qu’un résultat final. Elle s’intéresse à la création d’œuvres qui jouent avec la forme artistique tout en conservant une dimension de critique intellectuelle ou de pertinence sociale. Son travail constitue une manière de ré-imaginer, de ré-inventer et de ré-écrire la réalité. Bien que certains de ses projets soient ancrés dans des événements réels, elle les abstrait à un niveau universel afin d’aborder des questions plus larges qui touchent à la condition humaine — telles que la liberté d’expression ou les droits humains.


The People's Collection
by Ana Mendes, curator Emmanuelle Choquette 

Exhibition from September 11 to December 13, 2025
Opening on Thursday September 11, 5:30 pm

Since 2014, artist Ana Mendes has been developing an independent project entitled The People's Collection, in which she explores the issues of memory and identity by examining the practices within major ethnographical museums like the British Museum, the MET, the Dahlem Museum, the Bunjilaka/Melbourne Museum and, right here in Québec, the Musée de la civilisation. In addition to challenging the norms of museums, the artist also studies, more generally, the post-colonial approaches to defining a people's historical, social and cultural identity, namely through the angle of object attachment. How and why do we feel a connection with an artifact when visiting a museum? How can we engage with it beyond a passive contemplation? What agency do audiences have in the conservation of these objects?

Ana Mendes explores these questions through a collaborative process, inviting participants to interact with the ethnographical collections of major museums. These visits end with the selection of an object to be returned to its original context. Mendes uses this selection as the basis for a series of over 400 postcards to date, as well as an artist's book. This vast research project is an opportunity to reflect on what informs the choices of contributors: previous knowledge about the object, its ritual, symbolic or ancestral value, its connection with nature or culture, its significance for various communities, etc. This exercise becomes a mirror-process of personal and collective identity (re)building.

In The People’s Collection, print is used as a democratic tool for awareness raising and social advocacy. The postcard as a means of broadcasting idealised imagery is subverted here to problematize objects and circulating them outside of institutions. Furthermore, when mailed to the targeted museums, it serves as a support to the demand that the featured artifacts be restored to its original culture. The artist's book also constitutes a way of hijacking institutional prints by offering an alternate reading of the collections that contradicts the one conveyed in traditional museum catalogues: the inventory then becomes a collection of stories and testimonials that underline the emotional and subjective bonds between the objects and the project's participants. 

With the short film Virus, the artist evokes the colonial mindset that served as the basis for traditional Western museums. Images gathered in the museum reserves show the accumulation of items that, after having been rooted from their environment and subjected to intense and undocumented sanitization processes, have paradoxically developed conditions that prevent further manipulation. Could these viruses be a form of resistance?

Designed as a space for engagement and dialogue, this project allows both public and artist to go beyond polarizing criticism as they collectively imagine new sets of practises for collecting, conserving, restoring, exhibiting and mediating identity and cultural objects.

 


Ana Mendes  is a visual artist and writer, living between Stockholm and London. She studied Performance at Goldsmiths College, University of London (2011), video at the Royal Institute of Art in Stockholm, Sweden (2018), animation film at La Poudrière – École du Film d’Animation in Valence, France (2008), and Communication Sciences in Portugal (1997).

Having begun her career as a writer, she gradually transitioned into the visual arts. In 2010, she began working in performance somewhat accidentally, after writing Self-portrait, a play based on her own identity. Since then, she has developed works that combine video, photography, installation, performance, text, and sound to address issues such as language, identity, and memory. Some of her projects are created collaboratively, involving other artists, labor workers, or migrants.

She usually spends a significant amount of time researching and experimenting alone until she arrives at a concept she finds sustainable. Afterwards, she invites others to collaborate with her. Together, they engage in a process of mutual experimentation, trial, and error. For example, in one of her recent projects, The People’s Collection, she invited individuals to visit ethnographic museums around the world and select an object they would like to see returned to its country of origin. She then visited each museum herself and developed a collection of postcards named after each participant. Her work is developed using as few resources as possible, relying entirely on the strength of the concept or idea. She sees art as a process rather than a final outcome. She is interested in creating works that play with the form of art while maintaining a level of intellectual critique or social relevance. Her work is a way of re-imagining, re-dreaming, and rewriting reality. Although some of her projects are grounded in real events, she abstracts them to a universal level in order to address broader questions that affect human existence—such as freedom of speech or human rights. 

 

Ana Mendes remercie CIÉCO, Équipe art musée, le CALQ, ainsi que La Calouste Gulbenkian Foundation pour leur soutien au projet 

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Mots-clés: Exposition,, Arts visuels,, Arprim,, Arts imprimés

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