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Crédit photo : Morgane Clément-Gagnon

L'endroit où se cache le temps
Poli Wilhelm

Exposition du 5 novembre au 19 décembre 2026
Vernissage le jeudi 5 novembre 2026

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L'endroit où se cache le temps
Poli Wilhelm

De notre vie terrestre, il reste des objets, des photographies, des archives qui, sous leur forme matérielle, témoignent de notre passage. Et il reste la marque, profonde et indélébile, de la présence. Mais que reste-t-il lorsque ces fragments sont à leur tour altérés, dispersés ou effacés? Lorsque les événements et les drames d’une vie ont fragmenté les récits familiaux, la mémoire ne subsiste parfois que par traces : une photographie retrouvée, cachée sous un tapis, où l’on distingue encore des formes, des silhouettes, la présence de quelqu’un; un lieu à peine reconnaissable; un bibelot. Comme si des poussières de pigments ou des taches monochromes tentaient encore de transmettre une histoire lointaine, dont nous ne conservons parfois que l’impression d’avoir vécu le moment, ou celle de nous être fait raconter les événements.

Le travail de Poli Wilhelm prend naissance dans ses archives personnelles et dans son histoire familiale. À partir de photographies, d’images et de fragments de mémoire, elle construit un corpus où l’archive devient une matière à transformer. Elle peint, ou peut-être faudrait-il dire qu’elle tisse par la peinture, une sélection de ses archives photographiques sur de grandes feuilles de papier. Point par point, son geste traduit l’image. Celle-ci oscille entre représentation figurative et abstraction. On devine des silhouettes sans jamais pouvoir réellement les voir, comme si l’artiste avait volontairement rendu impossible la perception complète d’un visage, d’un sourire, du détail d’une main ou de quelques doigts. L’image demeure pourtant reconnaissable dans son essence. Malgré l’absence des visages et des détails, une présence persiste. Cette présence est au cœur du travail de Poli Wilhelm : la présence de ce qui ne peut être entièrement invisibilisé.


Le choix du travail au point est loin d’être anodin. Répété patiemment, il devient une manière de reconstruire ce qui a été fragmenté, de rassembler ce qui s’est défait. Chaque point participe à une œuvre de réparation, à une tentative de remettre ensemble les fragments d’une histoire. Mais cette reconstruction rencontre ses propres limites : le manque d’information, l’impossibilité de se souvenir fidèlement d’un moment, les fragments qui nous échappent, ceux qui sont définitivement perdus.

Poli Wilhelm ne cherche pas à reconstituer la mémoire telle qu’elle aurait été. Elle travaille avec ce qui en demeure et avec ce qui manque. Le souvenir se transforme nécessairement au moment même où l’on tente de le préserver. L’absence est ici aussi importante que la présence.

Le geste du point fait également écho au travail de son père, qui œuvrait avec la fibre. Par la répétition et par l’apparence textile de ses œuvres, Poli Wilhelm prolonge ainsi une mémoire familiale par la matière et par le geste. Ce qui se transmet n’est pas seulement une histoire, mais aussi une manière de faire, un geste qui traverse les générations, le temps.

Bien que ses œuvres soient principalement réalisées sur papier, son corpus prend l’apparence du textile : tissages, dentelles, étoffes fragiles, motifs répétés et élaborés. Certaines, vues de loin, semblent être des rouleaux de textile faits à la main, qui se dévoilent à nous comme dans l’atelier d’un maître tailleur présentant les fibres les plus précieuses de sa collection. Cette ambiguïté entre le papier et la fibre devient particulièrement évocatrice. La mémoire prend elle aussi forme comme une matière que l’on peut tisser, défaire, rapiécer et transmettre. Une mémoire que l’on porte.

Dans une série de dessins à la gouache, des formes géométriques répétées remplacent certaines parties du corps par des fragments de territoire. Par leurs formes et leurs couleurs, elles évoquent des couches de recouvrement et de protection, comme si les corps et les lieux portaient une mémoire à la fois dissimulée et préservée.

Ces peintures s’inscrivent dans la continuité des grands formats, où l’image photographique apparaît progressivement au fil du processus pictural, à la manière d’une photographie en chambre noire : d’abord invisible, elle se matérialise peu à peu sous l’action du révélateur. Ici, le révélateur prend la forme d’un travail minutieux porté sur l’ensemble des pixels qui composent les images-souvenirs. Ceux-ci sont transformés, déplacés, recomposés et prennent l’apparence d’étoffes, devenant des surfaces où la mémoire se dépose et se métamorphose.

Dans une autre série, des photographies se succèdent, découpées au ciseau selon une ligne en zigzag. De loin, leur forme évoque des pellicules photographiques déroulées et apposées au mur, comme dans la chambre noire d’un photographe où les clichés se découvrent progressivement : une sélection de tranches de vie. De près, le découpage et l’agencement des couleurs rappellent également les échantillons de textile, des fragments de matière. Les images, traitées dans des gammes monochromes dont les teintes évoluent progressivement, semblent raconter une histoire qui défile sous nos yeux. La photographie n’est plus seulement une image du passé : elle devient une matière que l’artiste transforme pour en faire émerger une autre lecture, celle du temps qui passe, d’une sélection de moments précieux, de la trame vie.


Ailleurs, des perforations réalisées par découpe laser apparaissent dans le papier, telle une dentelle fine. Ici encore, c’est moins l’image elle-même que ce qui se produit autour d’elle qui révèle l’histoire. Les œuvres projettent leur ombre sur le mur et, dans cette projection, certains motifs deviennent plus perceptibles. Ce qui semblait absent ou effacé réapparaît autrement. La lumière et l’ombre deviennent à leur tour des matériaux de la mémoire. Ce qui disparaît de l’image peut réapparaître dans son ombre; ce qui est effacé peut trouver une autre forme de présence.

Dans son travail le plus récent, l’artiste poursuit cette recherche à partir d’impressions sur papier et de découpes au laser. Elle travaille désormais à partir des lieux où les événements de son passé ont eu lieu, mais dont les photographies d’archives personnelles ont disparu. Elle juxtapose ces territoires à ses archives de scènes familiales et confronte ainsi les récits intimes à des espaces documentés virtuellement à travers Google Maps. Privée de certaines archives personnelles, elle se tourne vers des images qui ne lui appartiennent pas. Elle parcourt virtuellement ces lieux à la recherche de vestiges fantômes : un fragment de paysage, une architecture, une route, une configuration du territoire capables de faire surgir quelque chose qui se rapproche de son vécu et de celui de sa famille. Le paradoxe est saisissant : lorsque les photographies familiales disparaissent, la technologie contemporaine devient à son tour un outil de recherche de la mémoire. Mais elle ne restitue jamais le lieu lui-même. Elle n’en offre qu’une représentation, une image parmi d’autres, prise à distance du temps vécu. Le territoire devient alors un espace de recherche et de reconstruction, où ce qui subsiste entre en dialogue avec ce qui a été effacé. Il devient à la fois origine et absence, point d’ancrage et espace perdu. Cette perte prend une dimension particulière lorsque le territoire a été bouleversé par la guerre. La destruction ne concerne alors pas seulement les bâtiments ou les paysages, mais aussi les repères qui permettent à une mémoire de s’inscrire dans un lieu. Lorsque les traces sont détruites, déplacées ou intentionnellement effacées, c’est la possibilité même de transmettre une histoire qui devient fragile.

Comment dire que l’on vient d’un endroit lorsque ses traces ont disparu? Comment maintenir un sentiment d’appartenance lorsque le territoire lui-même a été transformé au point de devenir méconnaissable?

En mettant une distance entre les images familiales et celle des territoires reconstruits virtuellement, Poli Wilhelm donne forme à ce déchirement : reconnaître un lieu comme celui d’où l’on vient tout en constatant qu’il n’est plus celui que l’on a connu, ni celui que l’on a contribué à bâtir.
Présentées dans l’espace de manière à sembler flotter, les œuvres accentuent cette sensation d’une histoire suspendue entre apparition et disparition. Elles ne sont jamais complètement attachées au mur; elles semblent retenir quelque chose du temps, comme des fragments ayant échappé à la disparition.

Telle une samare en plein vol, elles se tiennent entre ciel et terre, entre le déracinement et l’enracinement. La samare porte en elle la mémoire de l’arbre dont il s’est détaché; il voyage avec son origine tout en s’en éloignant. Il devient ainsi une image de la mémoire elle-même : une chose qui se détache, qui traverse le temps et l’espace, et qui cherche où reprendre racine.

À travers l’ensemble de son corpus, Poli Wilhelm donne une forme matérielle à ce qui, autrement, risquerait de disparaître. Ses œuvres ne cherchent pas à reconstituer fidèlement ce qui a été perdu. Elles travaillent plutôt avec l’impossibilité de retrouver entièrement une image, un récit, un lieu, un sentiment, un souvenir. Elles s’intéressent à ce qui demeure lorsque la mémoire ne peut plus être complète : une sensation, un lien, une émotion, une empreinte.

On reconnaît sans voir entièrement.
On retrouve sans retrouver exactement.
On reconstruit sans jamais combler tous les vides.

C’est dans cet espace entre présence et absence que les œuvres de Poli Wilhelm prennent forme.


Elles deviennent des espaces de souvenance, des lieux où l’absence ne signifie pas le vide, mais ouvre au contraire la possibilité d’une autre forme de présence. L’effacement n’est jamais tout à fait une disparition. Il transforme l’image, déplace le souvenir, fait surgir une ombre, une texture, un territoire, un geste.

La mémoire reprend alors forme autrement.
Et peut-être est-ce là que réside la force de ce travail : dans cette attention portée à ce qui reste, à ce qui se transmet malgré les pertes, à ce qui continue de nous habiter lorsque les images, les lieux et les récits ne peuvent plus être entièrement retrouvés.

Une douce résistance à l’effacement de ce qui nous est le plus cher : les histoires qui nous précèdent, les liens qui nous façonnent et les traces que nous portons.


Texte d’exposition de Chloé Beaulac


Poli Wilhelm est une artiste multidisciplinaire qui se consacre depuis plus de 25 ans à la création et à la pédagogie en arts visuels. Originaire d’Argentine, elle s’est formée en arts visuels dans son pays natal avant de poursuivre ses études en arts visuels à l’Université du Québec à Montréal, où elle réside depuis 2004. Dans sa pratique, elle amalgame la peinture, la sérigraphie et l’image imprimée à travers des recherches chromatiques qui détournent des images d’archives. En s’immergeant dans des tâches longues, répétitives et minutieuses, elle nourrit une passion pour les actions qui révèlent une dimension démesurée du temps.


Chloé Beaulac est une artiste multidisciplinaire québécoise dont la pratique explore les liens entre l’être humain, les territoires, la mémoire et le vivant. Diplômée d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia, avec une spécialisation en arts imprimés, elle développe une œuvre qui se déploie à travers la photographie, l’estampe, le dessin, la sculpture, l’installation, la vidéo, l’écriture et l’art public. Son parcours est également marqué par plus de vingt-cinq ans d’expérience en muséologie et en muséographie, qui nourrissent son intérêt pour les œuvres, les collections, les archives et les modes de transmission. Son travail a été présenté au Québec, au Canada et à l’international. 


Where time goes to hide
Poli Wilhelm

Exhibition from November 5 to December 19, 2026
Opening Thursday November 5, 2026

Of our earthly life, certain objects remain—photographs, archives—, the material shape of which forms a trace of our passage here; a deep indelible mark of our presence. But what happens when these fragments are later altered, scattered or erased? When a life’s events and tragedies have split family narratives, memories can sometimes only endure in such traces, like a photograph found beneath an old carpet, in which one can make out shapes, silhouettes, someone’s presence, a barely recognizable interior, a small figurine. It seems as if the dust of its old pigments and monochromatic blotches were still trying to pass on the old stories we carry with us as impressions of lived experiences, or events we only ever heard about.

Poli Wilhelm’s work takes root in her personal archives and her family history. Through photographs, images and memory fragments, she builds a body of work where archival material becomes a substance that can be transformed. With it she paints—or rather weaves through painting—a selection of her photographic archives on large sheets of paper. With each stitch, each gesture, an image is translated that oscillates between figuration and abstraction. We can make out the outline of figures without ever truly seeing them, as if the artist had voluntarily made it impossible to perceive the entirety of a face, a smile, the details of a hand, or a few fingers. And yet the image is still recognizable in its essence, despite the absence of facial expression and other such intricacies, something of a presence remains. This is the element at the heart of Poli Wilhelm’s work: a presence that can never be fully erased.


There is something meaningful about selecting stitching as a medium. In patient repetition, it becomes a way to reconstruct what has been fragmented, to reassemble what has been broken. Each stitch is part of a work of repairing, of putting together the pieces of a story. But this reconstruction is eventually confronted with its own limits: missing information, failure to clearly remember certain events, fragments that escape us and our lost to time forever. 

Poli Wilhelm does not seek to reconstruct memories faithfully, preferring to work between what remains and what is missing. Each memory is inevitably transformed the moment one tries to preserve it. In this sense, what is absent holds as much meaning as what is present. 

The act of stitching also echoes her father’s work with fibres. Through repetition and the textile feel of her pieces, Poli Wilhelm carries on the family legacy with her choice of medium and gesture. What is transmitted here is not just a story but a craft, an act that transcends generations and time.

Although her pieces mainly use paper as a support, her body of work tends to take on very textile forms: weaving, lace, delicate fabrics, elaborate motifs… Seen from afar, some pieces look like rolls of handmade fabrics, unfurling for us as they would in the workshop of a master tailor showing off the most prized materials in his collection. This ambiguity between paper and textile becomes a particularly evocative metaphor for memory as a fabric that can be woven, unravelled, patched or handed down; something one can wear. 

In a series of gouache drawings, recurrent geometric patterns replace various body parts by fragments of land. Their form and colour evoke layers of coatings and protection, as if the memories of bodies and places were at once preserved and hidden away.

These paintings are part of the continuity of her larger-scale works, in which the photographic image is progressively revealed by the painting process, much like a film negative in a dark room: first invisible, but then slowly materialized by the developing agent. Through the chemical reaction of the artist’s meticulous work on the pixels composing them, these memory-images are transformed, displaced, rebuilt and turned into apparent fabrics; surfaces where memory can be set down and reshaped.

Further along, a line of photographs is cut with scissors in a zigzag pattern. From afar, their form is reminiscent of a film negative, unspooled and placed on the wall, like in a photographer’s dark room, where images—selected slices of life—are slowly revealed. Up close, the cutting and color composition also evokes fabric swatches, fragments of material. Images edited in monochromatic color scales whose tones evolve progressively seem to narrate a story unfolding before our very eyes. Photographs are no longer images of the past, they are a medium for the artist to shape in order to yield a new interpretation of the passing of time via a selection of key moments plucked from the fabric of her life.

In other pieces, perforations made by laser cutting turn the paper into something akin to fine lace. Here, once again, the story is less about the image itself as it is about what happens around it. Works project their shadow on the wall, affording us better access to some of the patterns within them. What seemed absent or erased reappears in a new form. The interplay of light and dark becomes in turn the medium of memory. What vanishes from an image may re-emerge in its shadow; what was once obscured may now find a new form of presence.

In her most recent work, the artist pursues her research using prints on paper and laser cutting. She now works with various places that are tied to events of her past for which the photographs have disappeared from her personal archives. She juxtaposes these territories with archival documents of family scenes to confront intimate narratives with virtually documented locations in Google Maps. Deprived of parts of her archives, the artist has to fall back on images that do not belong to her. She scours these virtual places searching for phantom traces: fragments of a landscape, an architecture, a road, a configuration of land capable of drawing out something approaching her or her family’s past.

What a startling paradox: when family photos disappear, modern technology becomes a tool for researching one’s memory. However, this can never truly restore the place itself, only a representation of it, one image among many, separated by time from the lived events. This territory thus becomes a space for research and reconstruction, where a dialogue forms between what subsists and what has been erased. It is at once an origin and an absence, an anchor point and a lost space. This loss takes on a peculiar dimension for territories ravaged by war. There, destruction is no longer limited to buildings and landscapes, but also affects the landmarks that allow for memory to take hold in a given place. When these traces are destroyed, displaced or purposefully erased, the possibility of transmitting one’s story becomes itself fragile.

How can we say where we are from if such traces no longer exist? How can we maintain a sense of belonging when the territory itself has been marred beyond recognition?

By putting distance between family photographs and images of virtually reconstructed territories, Poli Wilhelm gives shape to the heartbreak: recognizing somewhere as our place of origin, while understanding that it is no longer the place we used to know, nor the one we helped build.

Presented in the space as if floating, her pieces underscore this feeling of a history suspended between appearance and disappearance. Never completely one with the wall, they appear stuck out of time, like fragments that have managed to escape oblivion.

Like wind-borne samaras, they float between heaven and earth, never knowing when or if they might take root again. A seed holds the memory of the tree it broke off from; safeguarding its origin while also moving away from it. Doing so, it becomes a metaphor for memory itself as something which comes undone, crossing time and space to eventually find new soil in which to flourish once more.

Through her whole body of work, Poli Wilhelm gives material shape to what would otherwise be at risk of disappearing. Never looking to faithfully reconstitute what has been lost, rather her pieces explore the impossibility of recovering images, narratives, places, emotions or memories in their entirety. She is interested in what remains when a memory cannot be fully restored: a sensation, a connection, an emotion, an imprint.

We recognize it without seeing it fully.
We find it without finding it as it was.
We rebuild without ever filling out all the empty spaces.

It is within this space between presence and absence that the works of Poli Wilhelm take shape.

They become spaces of remembrance, places where absence is no longer synonymous with emptiness, but hints at the possibility of another form of presence. Erasure is never the same as disappearance; it transforms images and displaces memories to give rise to new shadows, textures, territories and gestures.

And so, memory takes on a different form.

Perhaps therein lies the true power of Poli Wilhelm’s work: the attention given to what we leave behind, what we hand down despite our many losses, and what we carry on within us when images, places and stories can never be fully recovered.

Hers is a soft pushback against the erasure of what we hold most dear: the stories that precede us, the ties that shape us, and the traces that live on within us.

Exhibition text by Chloe Beaulac


Poli Wilhelm is a multidisciplinary artist who has worked for over 25 years creating and teaching visual arts. Born in Argentina, she was trained in arts in her native country before pursuing a visual arts degree at UQAM in Montréal, where she has been living since 2004. Her practice mixes painting, serigraphy, and print through chromatic explorations that subvert archival images. By immersing herself in long, repetitive and meticulous tasks, she feeds her passion for actions that reveal expansive dimensions of time.


Chloé Beaulac is a multidisciplinary Québec artist whose work explores the relationships between human beings, territory, memory and all living things. Having completed a bachelor’s degree in Fine Arts at Concordia University with a specialization in print, she is developing works that bring together photography, printmaking, drawing, sculpture, installation work, video, text and public art projects. Throughout her career she has worked for over 25 years in museology and museography, which has kindled her interest for art collections, archives and the various modes of cultural transmission. Her work has been shown across Québec and Canada, as well as abroad.


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