Arprim logo 2017

oiseau malheur tremblay

Crédit photo : Annie Tremblay

Oiseau de malheur
Annie Tremblay

Exposition du 2 avril au 9 mai 2026
Vernissage le jeudi 2 avril

Oiseau de malheur
Annie Tremblay

Femme-oiseau, femme-proie, 

exposition d’un malheur annoncé

Je me sens sauvage et grégaire. Je suis très bien seule, mais me sens faire partie d’une murmuration. Petite, mais qui allons toutes dans le même sens, essayant de voler en accord avec qui nous sommes et ce que nous sommes. Obligée de changer rapidement de direction pour assurer notre protection, notre survie. Tout semble très beau de l’extérieur, un harmonieux ballet, mais l’urgence est intérieure, d’un équilibre fragile.

Un sentiment d’urgence constant, un désir de protection, une union sororale qui ne tient qu’à un fil, un viol, un féminicide.

Tel un oiseau de proie la vie d’une femme est remplie d’œufs, d’entrailles et de sang. Telle une proie nous sommes considérées.

Femme-oiseau, femme-entrailles, toujours épiée, une oiselle annonçant le malheur, comme une proie, toujours exposée.

Les mots de mes dessins sont une structure, une trame de fond, une tapisserie. Un décor dans lequel les femmes vivent. Elles disparaissent dans cette multiplicité qui se cache à l’œil. Cette multiplicité du nombre devient normale et s’érige en façade. Nous sommes prises par le décor, la tapisserie, la trame derrière la femme. L’ensemble devient normalité. Les mots subliment, coulent, faciles et naturels. Des mots durs et difficiles à voir et entendre. Des mots difficiles à vivre, qui ne devraient pas être utilisés, mais qui sont le quotidien.

Des mots pour nous interpeller et qui supposément nous décrivent, nous appellent, nous reviennent et nous appartiennent.

La série Oiseau de malheur a comme thématique l’urgence et l’invisibilité. Une urgence personnelle de la lutte aux phénomènes structurels et historiques de la misogynie. Alliant les arts d’impression, le dessin et les zines, les œuvres explorent le paradoxe de la vie des femmes : l’harmonie apparente d’une murmuration collective qui cache une urgence intérieure constante et un équilibre fragile.


Native du Saguenay et diplômée du programme Interdisciplinaire en Arts Visuels de l’Université du Québec à Chicoutimi, Annie Tremblay vit et poursuit sa carrière à Montréal depuis 1995. Sa pratique se distingue par une production abondante, presque obsessionnelle, où elle explore le concept de la multitude au travers d'une grande diversité de médiums, incluant la peinture, le dessin, le collage, la photographie et la broderie.

Dans ses projets récents, son travail prend une dimension de "réclamation" historique et environnementale. Son approche est celle d'une restauration : chaque œuvre, qu'il s'agisse d'un dessin ou d'un zine relié à la main, devient un acte de suture face aux millénaires de silence et de misogynie.

Annie Tremblay utilise la répétition et l'accumulation non comme une fin en soi, mais comme une stratégie pour rendre visible la trame narrative personnelle et collective. Son art agit comme un pont entre la conservation et l'éthique de la récupération, invitant à une solidarité sororale où la multiplicité devient une force de survie.


Mots-clés: Exposition,, Arts visuels,, Arprim,, Arts imprimés

Copyright © - Arprim, centre d'essai en art imprimé remercie ses partenaires financiers et commanditaires
calq ajourcam-jpg-web         CCFA RGB colour femplosiquebec